Flipperbox : Le Manoir de l'Horreur : Tumblin - Dice à la sauce eighty's


Un jeu de Zachary Connelly et Alex Cutler, illustré par Michael Parla et édité par Iello.


Instant Wikipédia : 

Le flipper apparaît dans les années 1930 à Chicago grâce à un groupe de mécaniciens et d’électriciens au chômage : la crise de 1929 aura au moins apporté cela. Il dérive d’un mélange entre le jeu de bagatelle, apparu en France en 1777, et le billard japonais, qui voit le jour entre 1751 et 1757.

Au départ, le flipper est créé comme un jeu d’argent et de hasard ; il est donc vite interdit dans une Amérique encore plus puritaine qu’aujourd’hui — si cela est possible.

Il devient électrique en 1970, époque à laquelle son essor débute vraiment. On le verra trôner dans les bars et les salles spécialisées ; il fera la belle vie des pubs Yop ou des chanteurs comme Renaud et Corynne Charby.

Il finira par tomber en déclin dans les années 1990, lorsque la croissance des jeux vidéo aura raison de lui, même s’il tend à revenir à la mode — vintage power !

De nos jours, seuls le son joyeux d’une extraball, l’injustice d’un tilt parce que, soi-disant, la bécane a été secouée, ou encore le son strident d’un bumper résonnent dans la tête des cinquantenaires qui aimaient vivre avec les oreillers du cœur en boule, vivre comme une boule de flipper qui roule.

Voilier, si t’as pas de skipper, tu coules… Comment ça, la musique, ce n’était pas toujours mieux avant ? Corynne, reviens-nous vite !


Mise en place : 5 minutes 

Règles : 2 minutes 

Temps de partie : 15 minutes 

Âge : 6 ans 

Type de jeu : adresse, jeu de dés 

Thème : flipper, films d’horreurs de série B



💂Alors Mini J tu as le doigt qui te démange ? 

👦Oui, papa…

❓Comme on dit chez moi qui s’endort avec le postérieur qui gratte se réveille avec le doigt… 

💂Qui c’est qui l’a invité celui-là ? 

❓Mais c’est un proverbe…

💂Chut, bon Mini J je vais t’initier aujourd’hui à l’art subtil de taper dans une table avec le bassin sans que les capteurs de vibrations de la table ne le repère.

👦Je n’ai pas compris papa, je peux retourner faire du lego, je m’ennuie…

💂NON, malheureux, pardon, allez, vas t’affûter l’ongle, on va jouer au flipper avec des dés et des doigts. 

👦Ah ! Bon, c’est plus clair quand tu ne parles pas de trucs de vieux.



Ceci est le silence de la larme qui coule, solitaire, sur une joue parsemée de poils de barbe drus, clairsemés, en hommage à une jeunesse éteinte, que l’héritier vient de m’écraser dans la tronche, aussi distinctement qu’un tire-bille lancée à pleine puissance dans le cul de la bille, sous le son criard d’un skiiiiiill shoooooots.


*Que le public soit rassuré, Mr J poursuit ses soins avec régularité, Mme J y veille...*


Mise en place 

Une fois les trois plateaux de jeu 3D placés, du plus haut (près des joueurs) au plus bas, tous collés, on installe les parois sur les bords aux endroits indiqués, les monstres sur leurs emplacements et les jetons Indice sur leurs zones.

⚠️ Attention à bien placer monstres et indices avec précision, à l’intérieur des pointillés de marquage.

Chaque joueur prend quatre dés de sa couleur et en place deux en réserve.

On place la rampe de lancement… 

📢 Et c’est parti !


Les feuilles de score

Plateau en début de partie vue du dessus

Et c'est parti

Les jetons Indices


📢 Chacun son tour, on déplace (ou pas) la rampe de lancement le long du premier plateau. 

On y place son dé, et on le chiquenaude avec tout son cœur — et la finesse d’index dont on est capable — pour le regarder dévaler la pente encore plus vite que le bobsleigh de Derice Bannock.


Si le dé touche un indice, le joueur le récupère sans le remplacer.


S’il touche un monstre, il coche ce monstre sur la zone de la manche en cours sur la feuille de score, puis le monstre bafoué est déplacé d’un plateau (inutile de s’acharner : chaque monstre ne rapporte qu’une fois par manche et par joueur).


S’il finit hors du plateau, j’ai envie de dire : tant pis.


S’il termine sa course sur un emplacement bonus, cela permet de relancer immédiatement un dé mis de côté — sans la musique de l’extraball qui résonne, hélas.


Quand les dés de tous les joueurs ont fini leur course sur le plateau (ou ailleurs — désolé pour tes lunettes, Mini J !), on score : 

- 2, 5 ou 10 points si l’on a touché 1, 2 ou 3 monstres différents ;

- puis on ajoute la valeur de chaque dé visible sur le plateau, éventuellement multipliée par le bonus recouvert, même partiellement.


Pour finir, on replace les monstres sur leurs emplacements d’origine, et de nouveaux indices apparaissent là où il en manque.


🏁 On réitère l’expérience trois fois avant de clore la partie.


📝 On additionne les scores des trois manches avec les valeurs des éventuels indices gagnés pour déterminer le score final.


🏆 Le vainqueur verra son high score gravé au panthéon des flippers, lui permettant de claquer plusieurs parties d’affilée…

Pendant ce temps, 💀 les perdants, ne pouvant échapper à une gabriellette, entendront un tilt définitif — sans syndrome de la vitre étoilée, puisqu’après tout, il n’y a pas de vitre.


Le joueur aux dés rouges s'en sort très bien sur ce premier tour avec un dé bonus, 
et une confrontation avec Bob

Alerte ! Evasion d'un dé !



👥Pas de modification à 2 joueurs. 


👀


Niveau matériel, c’est une réussite : c'est kitch, on retrouve les classiques des illustrations de flippers des années 80, pleines de couleurs et à l’effigie de monstres de série plus attachants qu’effrayants.

Les règles sont simples et efficaces ; elles peuvent être inculquées à tout le monde pour débuter la partie dans la foulée.


En revanche, et même si cela n’affecte pas le gameplay, on a été un peu étonnés de trouver les plateaux légèrement bancals. Alors, peut-être qu’on est mal tombés… Le carton est un peu fin, à voir dans le temps. 


📌 Soyons clairs : l’éditeur peut dire ce qu’il veut, Flipperbox est une revisite très proche — et thématique — du grand Tumblin’ Dice, classique des jeux d’adresse et de dés, aussi vrai que deux et deux font quatre ou qu’une chambre d’ado reflète parfaitement le principe d’entropie. On retrouve une mécanique similaire, un plateau de jeu à trois étages, des sensations de jeu très proches.


Mais une revisite n’est pas toujours une mauvaise chose : sinon Le Meilleur Cuisinier et Mercotte deviendraient Le Meilleur Plagiat avec Mère Faussaire. Il faut juste l’assumer — on n’est pas en politique, que diable !


Une fois la parenté établie, le plaisir est bien présent. 

On tape dans les dés avec toute la minutie dont on est capable — minutie qui a d’ailleurs entraîné l’achat de lunettes en titane pour la pauvre Mme J,  qui a du coup affûté ses réflexes de pongiste, et qui a été obligée de préciser à ses patients que non, elle n’est pas battue : simplement, les hommes de la maison ont la précision de Ray Charles.


On vise les cibles faciles au départ pour être sûrs d’avoir les points des monstres (enfin « sûrs », c’est vite dit), puis on essaye d’être précis…


Avec cette force savamment dosée, mon dé va virevolter tel un colibri butinant la fleur de paradis pour terminer sa course sur le "x 5" du bord du troisième plateau, sur sa face 3 bien entendu… (en vrai, il a fini sur le 1, au pied de la rampe de lancement — mais c’est une autre histoire).

On évite les trous, on tente les indices, on râle quand un adversaire boule notre dé bien placé, on s’agace quand un de nos dés part vivre de nouvelles aventures en dehors de la table (tant que ça ne finit pas sous un meuble, hein)…

Et à la fin de la troisième manche, on se dit que c’est passé trop vite et qu’on a envie de remettre son sou dans la boîte, sous les quolibets d’une Mme J meurtrie et d’une table à revisser…


Qu’on y joue entre adultes et/ou enfants, tout le monde s’amuse et en redemande. 

Rapide à installer sur une table assez grande à bien dégager avant, pour éviter de passer 10 min à chercher son dé perdu dans un sac suite à un tir malencontreux. 


On retrouve bien sûr le côté Tumblin’ Dice, mais le côté flipper est lui aussi bien présent, tant dans le décor du jeu que dans son système de scoring.


👉Alors, à 2 c’est mieux ? 


Quel que soit le nombre de joueurs, le plaisir est là. D’ailleurs, avec des sets de dés d’autres couleurs, il serait tout à fait possible de rajouter du monde sans que cela nuise à la partie.


Les tours sont courts, le hasard des dés n’est pas franchement pénalisant : il suffit simplement d’avoir le doigté de Beethoven plutôt que celui de Mike Tyson pour espérer rester sur le plateau. Et l’envie d’y revenir est toujours là.


Après, il faut prendre ce jeu pour ce qu’il est : on oublie la noblesse du bois pour un matériel plus cheap, mais ses illustrations nous le font vite oublier. On oublie le côté mécanique et précis du flipper pour un plaisir pur, simple, et nettement moins cher (Dieu sait que j’ai lâché des pièces de deux francs dans les machines).


Au final, un jeu familial de précision — ou pas — facile à sortir, et auquel on revient souvent.


Espérons juste que le matériel tienne dans le temps.


High score ! Free party, yeahhhhhhh !

*Imaginez la page qui clignote jusqu’à faire convulser un épileptique…*

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